Depuis son origine, en 1997, l’idée centrale de ce collectif est de favoriser une culture de la participation. La participation - à la chose publique - pour nous, est devenue une exigence démocratique, une nécessité contemporaine. Pour ce faire Parcours citoyen se comporte comme un laboratoire d’idées, un lieu de propositions que l’on souhaite inventif et créatif, mais toujours en recherche.
Fondamentalement, la culture de la participation s’appuie sur le droit - voire le devoir - de chacun à participer à la définition de son environnement politique, culturel, économique, social, écologique.
Mais on doit la vitalité actuelle de cette idée de participation à une évidente crise de la représentation qui n’a, au fond, jamais permis de rendre compte de la complexité du réel, de sa dimension cosmopolite (qui intègre tant le social que ce que l’on nomme communément la nature). Comme le dit Bruno Latour, le philosophe, nous n’avons jamais été modernes. Autrement dit, le fait d’être modernes, c’est-à-dire être éclairés seulement par la pure rationnalité scientifique et technique est une illusion parfaitement rationaliste.
Comme culture, cette attitude - celle de la participation - doit pouvoir procéder de son propre développement, de sa propre dynamique qui fondamentalement s’oppose aux formes de segmentation de la société : l’individualisme exacerbé et les formes du repli identitaire. Proposer la participation comme attitude, donc, c’est proposer tout autre chose qu’une attitude consumériste ou instrumentalisante : consommation du social, de biens, du politique ; instrumentalisation de l’autre, de la nature, de l’Etat.
Par contre, proposer la participation comme rapport au politique et in fine au monde, c’est proposer la nécessité de l’hospitalité, de la convivialité, mais également celle du conflit inéluctable sur ce qui ‘a de la valeur’ et donc du débat en tant que ce dernier se construit dans une perspective où la paix est toujours possible.
Cela suppose une attitude poétique, celle du mouvement qui lie les choses ou les gens à la ville aux autres, à la terre sans doute. Formes d’arabesques qui laissent leurs traces dans l’imaginaire du marcheur solitaire que chacun de nous est. (Comme illustration de cette idée voire la photo de Serge Bonnet Le marcheuren page d’accueil du site de Parcours citoyen Ixelles).
C’est dans une telle perspective que Parcours citoyen, depuis son origine à Ixelles a proposé des projets tels que les ‘Festival des gens et de la ville’, les ‘Maisons ouvertes’, la ‘Foire des possibles’, ‘Sur l’espace public’, l’ ‘Assemblée locale des cultures’, le ‘Journal des gens d’Ixelles’, les ‘20 et quelques questions sur le réaménagement de la place Flagey’, l’Assemblée des gens du Maelbeek’, l’ ‘Assemblée des voisins d’Ixelles’, les ‘Grands banquets de la gastronomie mondiale du quartier Malibran’, la ‘Promenade musicale aux sources du Maelbeek’ ou autres ‘Toile de quartier en chantier’ ou a participé à l’ ‘Appel à idées pour le réaménagement de la place Flagey’, à ‘Mon quartier en noir et blanc’, à l’élaboration du ‘Viaduc asbl’ ou encore a participé aux travaux du ‘Contrat de quartier Malibran’.
Parcours citoyen Ixelles (il existe d’autres projets de Parcours citoyen dans d’autres communes de la Communauté française) agit, entre autres, dans les quartiers alentours de la Place Flagey et au-delà depuis plus de huit ans maintenant (Mars 1997). Ce territoire peut être vu comme un ‘territoire d’expérimentation’. S’il est nôtre, il est également celui sur lequel nous tentons l’invention et une certaine réflexivité afin d’y dégager quelques savoirs ’universalisables’. Si nous y agissons en étant dedans (jusqu’au cou) et avec les populations qui y vivent, nous tentons également d’en tirer des éléments pour un dehors (au-delà du quartier de la ville).