Ce texte a été remis par Parcours citoyen Ixelles et le Comité Flagey en avril 2004
Introduction - constats
Notre quartier est très riche en collectifs qui proposent de nombreuses actions à caractère collectif et souvent innovants (Comité Flagey, Comité cité, Comité Brasserie, moving city, Artefakt, Réseau citoyen, l’Assemblée des voisins, le Journal des gens d’Ixelles, le centre culturel Simon Bolivar, Ayni, Parcours citoyen, etc.). Ces collectifs sont réellement dynamiques et proposent la plupart du temps des projets où le dépassement des particularismes est une option éthique et le développement durable et participatif et culturel du quartier un objectif. Citons l’Appel à idées de la place Flagey, le Festival des gens et de la ville du Parcours citoyen et le Grand Banquet de la rue Malibran, la Toile de quartier en chantier, l’Assemblée des gens du Maelbeek, etc. Certains fondent leurs actions sur l’usage de technologies innovantes aussi.
Il faut véritablement souligner ces traits de caractère qui prennent une ampleur particulière ici. Par leur nombre notamment, leur richesse et leur qualité, mais aussi par leur formidable aptitude à se mettre en réseau. Une confiance existe entre ces multiples collectifs, ce qui permet la qualité et le plaisir. La commune peut s’enorgueillir d’une telle dynamique innovante, parfaitement urbaine et qui dépasse en notoriété le territoire de la commune.
Pourtant ces habitants, groupes ou associations qui mènent leurs actions collectives essentiellement sur base d’un outillage individuel ne reçoivent aucune aide structurelle. Les rencontres dès lors se font dans les cuisines des gens, dans les salons ou les arrières cours. Ce qui est fort bien et absolument remarquable ainsi qu’à favoriser (certaines maisons individuelles deviennent parfois de véritables petits centres culturels durant certaines périodes, par exemple la préparation du Grand banquet), mais ce qui est insuffisant pour que ce soit durable. Par ailleurs, il n’y a pas dans le quartier de lieu de rencontre digne de ce nom qui soit véritablement ouvert à tous. Il y a bien des lieux de rencontre multiples mais ils sont toujours ouverts « partiellement » voire « partialement ». On pense à la Mosquée (lieu de culte), à l’Espace Malibran (géré par un collectif non ouvert aux habitants), etc. Les cafés vraiment dynamiques et conviviaux n’existent pas du côté de la rue Malibran : l’Après tout est un des rares lieux de rencontre. Aucun espace ne permet la multiplicité des expressions artistiques ou culturelles. On attend encore ici le lieu où le concert d’un groupe local ou ami soit possible, par exemple.
Idées forces
Créer un lieu de rencontre ouvert au public, permettant la fête, la réalisation de projets, et la convivialité. Créer un lieu de ralliement pour tous ceux qui veulent mener des projets collectifs, des projets innovants et créatifs à caractère sociaux ou culturels. Renforcer la matrice existante de « productions » multiples (les divers réseaux et collectifs mentionnés), en lui donnant quelques moyens pour son extension et l’amplification de son action. Imaginer un mode autogestionnaire qui permette une véritable autonomie de l’animation du lieu. L’innovation véritable et pilote se situera à cet endroit même où les pouvoirs publics soutiendront ces actions innovantes sans vouloir les capter. C’est un risque certes, mais c’est la condition première pour renouveler l’action culturelle et sociale et pour lui donner le rayonnement dont elle a besoin. Créer un pôle d’animation culturel à proximité de la place Flagey bien que dans le périmètre du Contrat de quartier et au profit de ce Contrat de quartier mais dans une ouverture vers cette place également.
Description succinct du projet
L’idée centrale est la mise à disposition d’un espace suffisamment vaste et polyvalent, avec une base de moyens matériels minimum à définir. Un bar, une cuisine bien équipée et capable de produire des repas en nombre. Divers outils à définir pourront également être mis à disposition, comme matériel sono, matériel informatique ou autre. Mais cela doit encore faire l’objet de réflexions. L’animation se fera par les collectifs qui en prendront la charge. Il faut entendre ici animation dans le sens de « donner une âme » au lieu. Le mode de gestion est autogestionnaire. Il est assumé par les collectifs qui auront rejoint le projet. Cela veut dire qu’il n’y a pas a priori d’emploi qui serait créé et dévolu à l’animation où à la gestion du lieu. Celle-ci serait prise en charge par les habitants ou collectifs eux-mêmes. Encore une fois, ces divers collectifs n’ont pas attendu l’existence de ce lieu pour exister et mener des projets. L’animation est souple. Elle est fonction des envies, des rencontres. La force du lieu est de créer une espace des solidarités de projet. Cela devient un lieu d’échange de savoir et de compétences. La créativité des uns alimente celle des autres et vice versa. Ce lieu bien que délibérément ouvert à tous les habitants, doit pouvoir également devenir un lieu de ralliement pour tout ce qui est de l’ordre de l’innovation sociale du quartier et au-delà. Ce lieu doit pouvoir devenir un pôle d’identification et de rayonnement sur ces thèmes. La créativité ne manque pas. Cependant, cet espace de rencontre pourra mener des projets à caractère commerciaux pour dégager des bénéfices au profit des projets culturels et sociaux eux-mêmes.
Exemples de projets
Le bar - L’espace s’ouvre régulièrement sur un espace bar... La brasserie - régulièrement, le lieu devient brasserie. A chaque fois le plat proposé est façonné par un groupe, une famille ou un collectif (à la manière du Grand banquet) qui prépare un plat unique à prix modéré. Des bénéfices vont à ceux qui ont réalisé les plats, mais aussi à la réalisation de projets. Régulièrement le lieu devient le « Télé bocal » du Quartier. On peut y visionner des films des habitants sur la vie du quartier ou autre. L’assemblée des voisins veut réaliser un petit déjeuner convivial... et pourquoi pas Oxfam. C’est un espace idéal pour un café politique, philosophique, géographique, pour des débats divers, un vidéo club, etc. Monsieur Van L ex-ténor habitant rue de la Brasserie propose un concert de musique classique accompagné par l’accordéon de Giovalin N, un réfugié albanais (fabuleux) ; On y fait des expositions et des vernissages divers, des performances, des concerts... Le lieu devient club où l’on se rencontre pour mener des projets pour le quartier ou au-delà, pour soutenir le projet des autres. Moving city peut proposer des sessions de danse... En fonction de l’espace et du matériel disponible, on peut y faire du montage vidéo, des expériences en matière informatique, etc. C’est là que se situe l’Arbre de connaissance de la communauté de savoir. Réseau citoyen propose une rencontre multimédia. Les références et inspirations IL n’y a pas de référence précise en la matière.
Les partenaires possibles
Les comités de quartier Brasserie, Flagey, Cité - moving city - Artefakt - les Clowns sans frontières - Journal des gens d’Ixelles - Réseau citoyen - Parcours citoyen - Habitat et rénovation - Ecole de la Cambre (le Crac) - PTTL - Les bricoleurs sans frontières - Disturb - Cinéma Nova etc.