Cette exposition proposée par des voisins d’Ixelles - habitants, usagers, etc. - qui se réunissent régulièrement dans l’Assemblée des voisins d’Ixelles pour les sans-papiers est évolutive. Elle progressera au fil des semaines dans les rues avoisinantes. Merci aux commerçants voisins qui l’accueillent.
Photo Rafaele Previdi
Omer, Ali, Aki, José, Mia et les autres dont Vlad ont fait un long périple pour arriver jusqu’à nous. Ils sont sans papiers. Ils ont fui guerres, pauvreté, maladie, misères, injustices et parfois même, persécutions. Souvent, ils sont attirés par les lumières de nos villes et les espoirs qu’elles sucitent. Tous ont cheminé au risque de leur vie ou en payant très chers passeurs et autres profiteurs, traversant air, mer ou désert pour rechercher plus de dignité et une vie meilleure pour eux-mêmes et pour les leurs. Ils ont pris le risque de tout perdre pour cela.
Aujourd’hui, Omer, Ali, Aki, José, Mia et les autres dont Vlad vivent dans les interstices des Etats-nations : ils sont sans protections, sans droits, désaffiliés. Dans cet entre deux, ils sont enfermés, rejetés ou criminalisés. Parfois, c’est vrai, ils vagabondent. Mais surtout, la clandestinité les amènent à être l’objet de pratiques économiques inacceptables du fait de réseaux d’acteurs qui tirent profit de leurs faiblesses (travail au noir, avocats peu consciencieux, marchands de sommeil, prostitution, etc.)
Si on peut croiser dans nos quartiers les regards d’Omer, Ali, Aki, José, Mia et des autres dont Vlad, ces derniers sont pourtant un pur produit de la mondialisation et de son train d’inégalités. Leur existence est une question posée au monde. Les sans-papiers posent de façon renouvelée et contemporaine une question sociale décidément universelle et éternelle. On ne peut éluder cette question par leur enfermement. La recherche de dignité, nulle part, ne peut être considérée comme un crime.
Omer, Ali, Aki, José, Mia et les autres dont Vlad, aujourd’hui, prennent le risque supplémentaire de se dévoiler, de sortir de la clandestinité pour prolonger la route qu’ils ont empruntée vers plus de dignité. Ils se sont prêtés aux objectifs des photographes professionnels ou amateurs pour rendre publique leur action. Ils nous interrogent. Mais sans trop le savoir, ils sont un peu comme l’avant-garde des peuples : ils interrogent surtout l’avenir.
Omer, Ali, Aki, José, Mia et les autres dont Vlad, il n’y a sans doute pas de solutions toutes faites a priori, mais tenter de répondre à la question sociale que vous nous posez à tous nécessitera d’utiliser toutes les ressources intellectuelles, créatives, artistiques, techniques, solidaires aux fins de contribuer à l’invention du ’vivre ensemble’ qui aujourd’hui se joue aussi bien localement, dans cette rue, sur ce trottoir où vous lisez ce texte que globalement dans notre monde.
Des voisins des quartiers
Un projet de l’Assemblée des voisins, avec le soutien du ’Festival Habiter’ et de Parcours citoyen Ixelles - infos : Assemblée des Voisins, Jean Marie Lison.µ
Affiche introductive de l’eposisiton en extension - Brouillon