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Présentation de l’asbl Viaduc

Table des matières

Une courte histoire de la Plate-forme socioculturelle ixelloise

- C’est environ il y a un an et demie qu’est née la « Plate-forme ». L’idée de créer des espaces de rencontre et de projet de la « société civile » est dans l’air depuis bien plus longtemps encore (Ixcellement vôtre, le Forum ixellois, Ixelles en couleur, Parcours citoyen) et puis plus récemment encore (Mon quartier en noir et blanc). Cette proposition-ci émane d’un groupe d’Ixelles en couleurs, un collectif d’associations qui propose annuellement une fête sur la place Blykaerts.
- La Plate-forme socioculturelle est un espace spécifique de rencontre entre diverses associations socioculturelles ixelloises. En fait, cette Plate-forme a vocation à toujours s’ouvrir, au-delà des associations déjà présentes, vers les habitants, comités de quartiers, autres organisations qui s’intéressent à la vie et aux enjeux culturels, sociaux, politiques d’Ixelles. Il faut voir cette Plate-forme comme un espace permanent de réflexion, de débat et de propositions de projets. C’est une « structure molle » (horizontale, non hiérarchique et à géométrie variable, constamment ouverte) dans le sens où elle ne souhaite pas trop se structurer justement. Si les organisations qui la composent ne sont pas toutes situées du côté de Matonge, nombreuses sont celles qui y ont eu ou y ont des activités régulières.
- Le premier projet proposé par la plate-forme socioculturelle, c’est l’asbl Viaduc ou « Le Viaduc ». Il est le fruit d’un long débat, aussi ancien que la création de la plate-forme elle-même. Il a bien entendu volonté de s’inscrire dans le cadre du CQ Matonge-Blykaerts.

Constats sur le quartier, la société civile et la nécessité de créer des lieux de rencontre

- La diversité des quartiers couverts par le contrat de quartier est une chose bien connue. Nous ne reviendrons pas sur les détails de cet aspect. On gardera en tête l’idée que Matonge est un centre ville de type commercial. Cet ensemble territorial se trouve à proximité de grosses institutions européennes proches de lieux en pleine rénovation (Flagey) mais possède dans le même temps une forte composante d’habitants de multiples nationalités. Plus que n’importe où, on peut dire que le « monde est dans ce quartier ». Cela en fait un de ses éléments d’identité majeur. En ce sens, plus que tout autre ce quartier est symbolique de la mondialisation qui se joue et donc des cités de demain.
- Tout le monde s’accorde à reconnaître que la question du logement va devenir prégnante. Vu l’environnement précité, on peut s’attendre à une forte pression sur les loyers. La question de comment « habiter » ce lieu va devenir centrale.
- Nous faisons nôtres également certains éléments de diagnostic qui avaient été apportés par Eric Corijn il y quelques mois sur la société-civile locale insuffisamment coordonnée, le manque de lieux de rencontres et la nécessité de créer un lieu afin de soutenir les projets des gens.

Valeurs et hypothèses

- Tout le monde s’accorde aujourd’hui pour voir la diversité culturelle comme une valeur à préserver, comme un potentiel de richesse. Il ne s’agit pas seulement d’une question référent aux droits de l’homme mais également d’une question de dynamique et de tonicité sociale, de bien être.
- Il s’agit donc de préserver et de valoriser l’identité de ces quartiers qui se fondent sur cette diversité culturelle (voir les constats) en prônant « la qualité de la différence ». Il s’agit d’un objectif en soi : montrer qu’il est possible de vivre harmonieusement (ce qui ne veut pas dire sans conflits) dans ce bout de ville. Travailler à partir de là sur un droit de cité qui tienne compte des enjeux de la mondialisation : marchandisation du monde face au Droit de cité.
- Ainsi, à la diversité culturelle il faut ajouter l’importance d’une dimension interculturel qui se fonde sur l’échange et la recherche de valeurs communes, qui se développe sur la base de la volonté d’un « vivre ensemble », de la recherche d’un « bien commun » ou encore dans la recherche de ce que certains appellent poétiquement la « communauté de destin ». Les « cultures » sont dès lors mobilisées dans la recherche de ce « bien commun », par la recherche de nouvelles formes de ce vivre ensemble.
- Les travailleurs sociaux et les habitants à l’origine du projet sont particulièrement sensibilisées aux questions posées par les couches les plus défavorisées de la population. Plus que pour tout autre, la question d’habiter le quartier doit être abordée. Cela doit se faire de manière participative.
- Nous proposons également de fonder une représentation de l’Autre sur un « plein » plus que sur un « vide ». Quiconque est porteur d’un savoir, de compétences, d’éléments culturels mobilisables et le plus souvent ont la volonté de dialoguer. Il est essentiel de travailler à partir de ce potentiel.
- La question de la qualité sera particulièrement importante. Face au consumérisme, augmenter la qualité d’une manière générale est devenu un enjeu majeur aujourd’hui et donc dans le quartier aussi. La qualité consiste en une élaboration minimum des projets proposés, faisant l’objet d’un travail de recherche, de diagnostic, de validation critique, d’imagination, qui soit le fruit d’un vrai dialogue, d’un vrai débat, etc.
- Dès lors que ces notions sont bien comprises, nous pensons que l’on peut tabler sur un potentiel de fort développement local dans un quartier comme celui-ci.
- Il s’agit donc de faire le pari de travailler au développement du quartier, territorialement, sur la base des compétences et de la créativité des personnes et des groupes qui y agissent, sur leur désir d’échanger et d’élaborer des projets à caractère créatif, citoyens, portant des valeurs de solidarité, ou ayant un potentiel social et économique, se fondant sur une capacité au dialogue, le plaisir de la rencontre de l’échange et de la recherche de nouvelles formes du vivre ensemble et rencontrant bien sûr les enjeux de ce quartier.

Le projet « Viaduc asbl » ou « Le Viaduc »

- Le projet Viaduc asbl se fonde sur ces constats, valeurs et hypothèses.
- L’objectif de l’asbl Viaduc est de favoriser et de renforcer le développement culturel, social voire économique de ce quartier en apportant un soutien aux projets de ses habitants et des organisations de la société civile.
- La mesure du soutien aux projets est établie en concertation avec les personnes qui souhaitent y participer.
- Le Viaduc se voit comme un outil au service du public (des publics) dans une optique de gestion participative.
- Les projets sont d’ordre culturel créatifs (du ressort de l’art ou plus précisément de la créativité collective), du social (faisant émerger des solidarités en s’axant prioritairement sur les publics fragilisés), associatifs (ils regroupent des personnes dans le cadre de bonnes coopérations), citoyens (ils apportent une réflexion sur la société, sur le rapport à l’autre et la démocratie,, sur la participation), économique (ils favorisent les échanges des services entre les personnes), etc.
- En fonction des moyens disponibles et de l’orientation politique donnée par son Assemblée générale, l’asbl apportera un soutien sous différentes formes :
- mise à disposition de locaux pour des réunions et de divers moyens matériels encore à définir, en fonction des besoins qui se feront petit à petit sentir ;
- Soutien méthodologique des projets qui seront présentés, par l’aide à l’élaboration de dossier par exemple, soutien à la recherche de financements ;
- Soutien à la rencontre entre divers porteurs de projets dans le but de favoriser des synergies, des hybridations, etc. ;
- Animation en partenariat avec les habitants (donc de manière participative) d’un lieu dynamique et convivial qui favorise le désir de rencontre et la rencontre elle-même dans certains locaux du 133 rue du Viaduc.
- L’asbl Viaduc débutera son action parallèlement par l’élaboration d’un inventaire dynamique des besoins et potentialités du quartier. Il s’agira également d’aller à la rencontre des acteurs locaux (pas seulement de les attendre).
- Le Viaduc travaillant dans une dynamique de développement local, elle devra rendre compte régulièrement de son activité aux habitants du quartier et continuer de se faire connaître dans l’espace public.
- La gestion de l’asbl Viaduc est ouverte de façon égale aux habitants, aux organisations de la société civile et à la commune.

Perspectives et ouvertures

L’une des premières perspectives est de continuer à penser au développement de ce qui pourrait devenir la « Maison de la créativité ». Il s’agit d’amplifier ce qui est ici posé comme prémisses :
- en cumulant l’expérience de l’asbl Viaduc. Il s’agit d’apprendre à travailler ensemble à tous les niveaux, habitants, organisations, administration communale et autres institutions (bi-communautaire et régional) ;
- en menant une réflexion intégrée à une politique de développement culturel et participatif au niveau communal et une politique concomitante de développement des quartiers (en effet d’autres quartiers pourraient bénéficier de tels dispositifs, la notion de créativité doit être éminemment partagée) ;
- en veillant à ne pas vider de leur vitalité les autres lieux du quartier et de la commune. Si Le Viaduc est un lieu catalyseur de projets c’est pour que ceux-ci aient lieux dans la « ville » et non dans ce seul lieu. Il ne doit pas se refermer sur lui-même.

Rapports entre l’asbl Viaduc et la Plate-forme socioculturelle ixelloise

- La plate-forma a une vocation qui dépasse le quartier en question. L’asbl Viaduc n’est pas une asbl constituée au profit de la Plate-forme. Un lien spécifique cependant va continuer de les relier :
- La Plate-forme continuera d’apporter son soutien au développement de Viaduc et aux projets présentés par les habitants, collectifs et organisations.
- Les membres de la Plate-forme forment un réservoir de compétences sociales (en matière de formations par exemple) et culturelles qui peut continuer d’être sollicité au bénéfice des projets qui sont soutenus et suivis par l’asbl Viaduc ;
- La plate-forme avec ses ressources propres peut également soutenir la rencontre entre les porteurs de projets présentés par les habitants et autres collectifs ;
- La Plate-forme continuera d’apporter son expertise pour le développement général du quartier et de ses habitants en menant des réflexions et débats sur les questions de société liées au quartier. Elle peut-être saisie par quiconque sur ces questions.
- Elle continuera de travailler au de « Maison de la créativité », en l’ouvrant également à d’autres lieux communaux possibles.
- Les projets émanant de la Plate-forme pourront être également soutenus par le Viaduc mais pas plus systématiquement que tout autre porteur de projet et sûrement pas de manière automatique.
- La Plate-forme demande d’être soutenue dans son fonctionnement (secrétariat) et d’être vue ainsi comme le premier projet soutenu par le Viaduc.