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Pourquoi un réseau wi-fi citoyen : argumentaire

Le réseau wi-fi citoyen tel que le propose RéseauCitoyen est une véritable invention. Nous y voyons de multiples avantages pas toujours faciles à expliquer. Mais cette invention est surtout intéressante parce qu’elle semble avoir des incidences économiques, sociales, politiques, culturelles...
Table des matières

Les avantages sont individuels ou collectifs, locaux et globaux. Il faut prendre le temps cher lecteur d’en faire le tour.

Un réseau wi-fi citoyen, c’est quoi ?

La base du système est la mise en connexion d’ordinateurs personnels formant ensemble un réseau urbain. Chacun des ordinateurs est muni d’un émetteur/récepteur (d’ondes électromagnétiques), comme un téléphone portable. C’est le Wifi (sans fil). Cependant, outre le fait de pouvoir recevoir et d’émettre, l’appareil est aussi un routeur : il permet de faire passer l’information venant d’un autre émetteur, vers un autre récepteur. Chaque ordinateur, chaque point est donc un nœud constitutif du réseau qui est à la fois producteur d’information, receveur d’information et routeur (permettant passage) de l’information. Ainsi, et c’est central, il n’y a pas d’opérateur centralisé pour le routage de l’information. Les choix techniques opérés font qu’il y a une égalité de chacun des points. Ils sont tous également nécessaires dans la constitution du réseau. Si tous sont nécessaires, aucun n’est obligatoire. Enfin, l’usage du type d’ondes qui se comporte un peu comme la lumière impose la contrainte technique qui est que les nœuds doivent ‘se voir’ pour communiquer. Le réseau s’établit donc de portée de regard en portée de regard.

> Pour comprendre parfaitement : une information qui part d’un point A et qui est destinée à un point B qui en est éloigné et invisible, va devoir trouver divers nœuds, les points x,y,z, connectés entre eux par exemple pour établir son chemin.

> Pour les Ixellois : on se rappellera le réseau de rubans qui s’était tissé dans le ciel des rues du quartier et rendant visible le lien entre les gens. C’était La Toile de quartier en chantier. C’est un peu la même chose, en plus virtuel et plus concret à la fois.

Etat des lieux et stratégie d’extension de RéseauCitoyen

Aujourd’hui on compte entre deux et trois cents inscrits au réseau. Ce sont des personnes ou des associations. Une 30aines sont connectés et donc forment le réseau. Certains ont allumé des nœuds potentiels mais qui ne se comportent pas encore comme des nœuds car ne sont pas connectés au réseau.

La stratégie adoptée par les plus motivés a été jusqu’à présent d’établir des liens longues distances dans Bruxelles (disons, plus de 1 km) en plaçant des points en hauteur, sur des immeubles par exemple. C’est ainsi qu’une liaison entre Louise et Neder-Over-Hembeek (quasi Vilvorde) existe en passant par Schaerbeek. Bientôt des points seront allumés dans les Marolles et Mettewie et seront connecté au point Louise, donc au reste du réseau. Mais une nouvelle stratégie s’établit, celle de renforcer des réseaux dans les quartiers mêlant associations et particuliers. Trois quartiers sont plus actifs comme à NOH au Heysel et à Ixelles.

Enfin, un réseau de ‘points bleus’ est en constitution. Ces points ont un fonctionnement identique (égalité des nœuds). Seulement, ceux-là sont financés par la Région de Bruxelles-Capitale et sont placés sur des bâtiments communaux. La spécificité est qu’ils devraientpouvoir être choisis pour leur intérêt stratégique, en terme d’extension. A moyen terme, l’idée est de développer la densité et l’extension du réseau sur l’ensemble de Bruxelles. D’autres réseaux commencent à se développer dans d’autres villes de Belgique et d’Europe. RéseauCitoyen soutient le développement de réseaux en Afrique.

Quelques arguments d’ordre philosophique

La constitution d’un tel réseau qui ne possède pas de centre pose de multiples questions et semble toucher à de nombreux enjeux contemporains.

>Argument esthétique : Tout d’abord, certains y voient une approche esthétique. Pour les ixellois, cela fait penser au réseau de rubans de chantiers.. Il y a quelque chose de beau dans ces liens qui s’élaborent entre les gens, dans cette mise à disposition individuelle de ce qui va devenir par sa somme, un outil collectif.

Argument économique : A l’instar des logiciels libres (Open source), un tel dispositif ouvre de puissantes pistes de réflexion en matière d’économie. Le réseau wi-fi citoyen pourrait démontrer qu’un appareil productif peut fort bien être décentralisé. Il ne génère aucune prise de bénéfice. On sait que l’appareil productif - l’outil - est déterminant dans les rapports de production et in fine dans la constitution des rapports sociaux. L’égalité absolue des acteurs que propose le réseau citoyen ne permet pas cette différenciation sociale. De plus, le réseau wi-fi citoyen semble montrer qu’il n’y a pas de contradiction entre l’action individuelle et collective. La production de richesse est complètement intégrée à la consommation. C’est dans le même mouvement que l’on est producteur de l’outil et consommateur de cet outil. Le résultat surprenant est que l’enrichissement individuel est intrinsèquement lié à l’enrichissement collectif sans la médiation de l’argent ou de l’Etat (redistribution).

> Argument sociologique : Le fait que l’extension se fait à portée de regard n’est pas négligeable. Son extension se fait aussi à portée de rencontre. L’outil, n’est pas neutre. Il renforce les possibilités de rencontres entre les gens. D’où son intérêt à être également développé dans les quartiers. Par ailleurs, et c’est un aspect très intéressant, un tel réseau se développant sur la base de la somme de comportement autonomes et libres n’empêche aucunement la prise de décision et l’orientation (comme pour les logiciels libres).

> Argument culturel : La symétrie absolue des nœuds, fait que chacun est producteur autant que consommateur. La télévision nous rend passif par rapport à l’information et fait de nous des consommateurs forcés. Certes, l’Internet par définition, rétablit une égalité. Mais certains systèmes comme l’ADSL réintroduisent de l’inégalité et replacent le citoyen en position d’infériorité. Le réseau wifi, accompagné des logiciels Open source, renforce l’idée que chacun puisse s’approprier et participer, tant à la constitution de l’appareil productif qu’à la production de l’information. Cela réduit donc la passivité culturelle consommatrice (pub, etc.) en faveur d’une créativité productrice.

> Argument politique : la réappropriation, l’émancipation, la maîtrise des canaux de diffusion forme une enjeu politique important. Faut-il le démontrer ?

Les avantages que l’on peut en tirer

> Le réseau Wifi offre un moindre coût du fait qu’il n’y a pas d’opérateur centralisé qui facturerait ses services en tirant des bénéfices de cette facturation. L’accès financier au réseau est donc réduit d’autant.

> Si RéseauCitoyen n’offre pas de connexion collective au world wide web, il n’empêche que chacun individuellement peut faire profiter de sa connexion Internet à d’autres connecté au réseau. Il s’agit d’une affaire privée qui ne regarde pas RéseauCitoyen en entier, mais chacun individuellement.

> Le phénomène Proxy. C’est un terme technique pour indiquer qu’un apport volontaire de contenus se situant sur le web est possible. Une personne ou un collectif qui a une connexion ADSL peut mettre à disposition du réseau Wifi des contenus (sites) spécifiques pour lesquels elle est ‘mandatée’ pour le faire.

> Le réseau Wifi citoyen paraît être un bon vecteur pour les dynamiques de quartier et renforce l’engagement des personnes dans le développement local tout en ayant la possibilité de se connecter au réseau global. Il permet de developper une conscience de solidaire (le regard).

> Le développement du réseau Wifi peut favoriser une intégration sociale. Toutes les compétences et énergies sont mobilisables pour son développement. Il y a surtout toute une dimension de formation à la clé.

> La développement du réseau Wifi laisse à penser qu’il peut favoriser de l’emploi. Tous comme le développement des logiciels Open source, des services accompagnant l’aide aux personnes qui ont des difficultés à se connecter.

> La dimension ludique n’est pas négligeable. Le jeu est technologique et/ou social. Des appareils doivent encore être testés, des antennes expérimentées, etc. Il y a une dimension ludique au fait d’imaginer des stratégies d’extension du réseau.

> Grande autonomie des acteurs. Des améliorations du système sont toujours possibles grâce à l’intégration des compétences de quiconque s’implique et en toute autonomie. Last but not least, la lutte contre la fracture numérique.

> Une grosse partie des transactions numériques se développe au niveau local et ne nécessite pas de connexion à l’Internet global. Vu un certain nombre d’arguments qui précèdent (réduction des coûts, solidarités locales, etc.) on peut parfaitement imaginer qu’un accès offre l’avantage d’une meilleure accessibilité et donc tend à réduire la fracture numérique.

Un apport de contenu pour l’E-Toile de quartier

L’idée pourrait aussi être de développer des contenus spécifiques au Réseau qui se développe et de relier ainsi les gens qui s’y inscrivent autour de questions ou de projets qui comptent dans le quartier. C’est l’apport spécifique que peut tenter de développer l’E-Toile dans RéseauCitoyen. RéseauCitoyen dans le cadre d’E-Toile renforce dès lors une identité locale.

Un esprit militant (aspect volontariste), un pari et un jeu

Convenons-en, le système n’a pas encore atteint une masse critique suffisante pour que les bénéfices attendus existent déjà. Par ailleurs, il existe encore diverses incertitudes techniques qui font que tout n’est pas parfait.

Avant que les avantages liés au développement du réseau ne soient plus importants, il est nécessaire de continuer à investir dans l’idée. Cet investissement c’est le militantisme et il se fonde sur l’espoir que suscitent les arguments de type philosophique, esthétique, économiques, plus haut ainsi que sur les avantages à venir, etc... C’est donc aussi un pari que nous faisons et auquel nous proposons au plus grand nombre de s’associer (individus, associations, entreprises). C’est pari qui ne coûte pas cher et qui peut rapporter de gros gains collectifs.

De plus, tout cela ne se fait pas sans plaisir. Il y a du plaisir à faire évoluer l’E-Toile de quartier, à la voir grandir, à imaginer des stratégies géographiques et humaines d’extension. Cela passe par une connaissance particulière de la ville et des quartiers. Et chacun peut s’amuser, rencontrer son voisin, etc. Avouez que c’est plus intéressant de parler de cela avec ses voisins que de parler de Tupperwaere Au total, il est urgent de rendre compétitif ce qui est coopératif. Dans un monde où le libéralisme économique se débride, le militantisme créatif est de rigueur.

Question sécurité numérique

> ReseauCitoyen ? est un reseau public ouvert, libre et sans controle. Dès lors il faut le considérer comme hostile du point de vue de la sécurite informatique. Soit comme toute machine directement connectée chez votre fournisseur d’accès à l’internet. Les règles de bon usage imposent alors l’usage d’un FireWall (mur de feu) ?, entre-autres.

> Ceci est un peu succint et abrupt ! Il appartient aux citoyens d’agir en personnes responsables. Il est dès lors indispensable de connaitre les règles élémentaires qui régissent un univers. Le CyberEspace de ReseauCitoyen, obéit à de telles règles. Il est donc du devoir de chacun d’une part d’en tenir compte mais d’autre part de les transmettre le plus compréhensiblement possible.

Question écologique ?

La question est souvent posée. Il faut savoir cependant que la puissance d’émission des appareil dans un tel réseaiu est beaucoup moins élevée que celle que l’on utilise pour les GSM.