"Comment faire vivre la ville pour y vivre mieux ?", telle est la question générale de MQNB. Dans le cadre de “Mon quartier en Noir et Blanc”, Parcours citoyen Ixelles propose de renouer avec la tradition qui l’a fait naître : les maisons ouvertes, le cheminement de lieux en lieux, le Festival des gens et de la ville. Le thème proposé : Habiter... Tout un programme.
Mettre en valeur des initiatives qui contribuent à améliorer le bien-vivre dans l’espace du quartier. Ces initiatives sont produites par des collectifs représentés au sein du comité de pilotage de “ Mon quartier en noir et blanc ” ou par des acteurs extérieurs - habitants, collectifs - dont il faut encore faire le repérage et l’ “ inventaire ”. Ces initiatives sont à l’état de “ questions ”, elles sont des projets en cours de réalisation ou parfois encore, elles sont déjà réalisées, mais à montrer.
Cette proposition émanant de Parcours citoyen n’est pas le fruit du hasard. Parcours citoyen est né de ce type de projet. Dans un premier temps (en 1997, puis en 2000 pour Ixelles) la notion de Parcours citoyen n’était autre qu’un Festival de la ville et des gens. Il faut relire le Journal des gens d’Ixelles “ moins un ” pour se rendre compte de la complexité du programme.
HABITER. “ Habiter ” c’est fort et fédérateur. Nous pensons, à partir de l’habitation, ce qu’on appelle d’ordinaire l’existence de l’homme. Le fait d’“ Habiter ” englobe et articule toutes les dimensions de la vie : pragmatique (avoir un toit, pas n’importe quoi ni à n’importe quel prix), philosophique (hospitalité), poétique (créativité pour ‘habiter poétiquement’ sa maison, sa rue, son quartier...), corporelle, mentale et social (habiter son corps et bien-être mental et social parce qu’habiter là où j’habite me permet, ou non, une certaine qualité de vie).
L’articulation entre aspirations et réalité, entre utopie et contrainte renforce le fait de parcourir la ville de lieux en lieux comme métaphore. Si ce thème est choisi, il doit faire l’objet d’un travail collectif (production d’un court texte) qui permette de l’explorer dans ses multiples dimensions et d’évaluer ce qu’il représente pour les multiples personnes, disciplines ou secteurs qui font la cité.
Un FESTIVAL, des MAISONS OUVERTES Le Festival serait comme un parcours entre lieux multiples, chaque lieu soulevant une question, proposant un projet sur le thème “ Habiter ”. Il s’agit de montrer que chacun participe - ou peut participer - à la dynamique de la ville. La ville étant “ conçue ”, ici, comme un espace de rencontre et de confrontation. Les médias utilisés dans ce Festival sont multiples et fonction des envies ou compétences de chacun.
L’idée serait de parcourir notre bout de ville de lieux en lieux, et ce jusque dans les maisons. C’est une invitation à l’hospitalité, pour un dialogue entre espace privé et espace public, pour une meilleure connaissance de l’autre, pour moins de peur et de quant à soi. Les maisons s’ouvrent et c’est le quartier qui s’ouvre sur le monde.
Aux alentours de la fin de l’année, au moment où les jours sont courts, au moment où l’on se calfeutre. C’est le temps de la convivialité, des histoires autour du feu et de l’échange des vœux. Visons avec l’arrivée de l’hiver l’intime et la parole.
“ Aller dans le même sens ”. Peut-on arriver pour une durée déterminée à ce que de nombreux acteurs s’orientent dans la même direction, à ce qu’ “ Habiter ” devienne l’objet d’un intérêt collectif ? Ensemble, faisons un état des lieux, cherchons les acteurs qui peuvent faire valoir une créativité ou une ouverture sur ce thème décliné sous de multiples formes. Faisons en sorte que le monde du social et de la socio-culture, les comités de quartier ou d’habitants, ou les artistes travaillent ensemble. L’interdisciplinarité : des ressources et des compétences doivent être trouvées dans différents secteurs. Pas seulement celui de la santé et du social. Le culturel doit être également largement sollicité. Cela voudra dire également une sollicitation interéchevinale. Les blocages à ce niveau, repérables dans de multiples domaines, commencent à devenir proprement insupportables. Les habitants, de leur plein droit, peuvent juger le politique, même en dehors des moments de la sanction électorale. La vie, est faite certes de limites, de différenciation, d’individuation et de tension, mais également de communication et de coopération, de rencontre et de dialogue. Lorsque le politique ne coopère plus, il finit par contraindre le reste de la société dans ses clivages. Aujourd’hui la société civile veut résister à cela et souhaite contraindre le politique à plus d’intelligence collective. La société civile s’engage à l’y aider, pour autant qu’elle soit entendue en ces termes. Le politique local vit dans la division, il faut les dépasser.
Nous prônons une acception large du mot santé telle que déjà définie ensemble dans le Journal des gens d’Ixelles : “ L’enjeu de ‘Mon quartier en noir et blanc’, est de renforcer la possibilité des habitants à définir leurs conditions d’existence, de sortir de l’enveloppe lénifiante de la consommation, de se risquer du côté du langage, de se connecter à notre réalité d’individus pensants, éprouvant, désirants ”. Il faut relire ce texte éditorial, une production commune (qui fut laborieuse, mais exigeante et enrichissante).
Un livre. Mon quartier en noir et blanc travaille depuis deux ans. Il y a déjà des photos, des textes de réflexion, de la vidéo ; il y aura encore des textes produits en atelier d’écriture et d’autres créations ; il y aura (peut-être) le festival, des paroles qui s’échangent. Ces deux productions “ culturelles ” - le Festival et le livre - sont dans une situation de mutuel échange. Des ateliers d’écriture qui alimentent le livre peuvent entrer dans le festival. Inversement, des formes d’expression a priori non écrites peuvent faire l’objet d’éléments entrant dans le livre. Ces deux surfaces d’expression se situent dans un rapport de prolongation l’une de l’autre. Le Festival permet une expression plus spontanée sur des modes plus variés : pas seulement l’écrit, mais aussi la vidéo, le direct, etc. Mais son produit est éphémère. Le livre laisse des traces plus durables. Une mémoire aussi.