Le texte qui suit est celui de la présentation du projet de Parcours citoyen qui a été envoyé aux instances de l’Union européenne dans le cadre du programme INTI. C’est donc sur cette base que la partie belge proposée par Parcours citoyen Ixelles a été acceptée. Ce texte nous servira de canevas tout aulong du développement de ce projet.
Le quartier sur lequel nous proposons de travailler recouvre de nombreux ‘sous quartiers’. Population globale plus ou moins 15.000 habitants. Limites : Matonge, Blijkaerts, Malibran, Flagey, Brasserie. Commune d’Ixelles.
La géographie : Ces quartiers sont situés entre divers pôles de développement importants : Flagey qui forme un nouveau centre ville de haut niveau culturel, Matonge qui est le ‘centre ville’ africain de Bruxelles et un important espace commercial. La proximité du Parlement européen dont l’extension crée des pressions urbanistiques et sociales sur les quartiers. Cet ensemble crée le risque d’une pression d’embourgeoisement sur les quartiers par l’accroissement du coût des loyers notamment. La diversité culturelle et la mixité socio-économique est un enjeu central du quartier.
Les populations : L’ensemble des sous-quartiers considérés forment une grande diversité de populations et d’activités. Commerces, habitat, petites et moyennes entreprises, foisonnement associatif. La mixité sociale et culturelle est l’une des plus importante à Bruxelles dans une ville qui est déjà l’une des plus cosmopolites d’Europe si l’on rapporte cela à sa population. On retrouve des représentants de dizaines de nationalités différentes : Africains, Nord-africains, Sud-américains, Asiatiques, Européens. La mixité socio-économique est très importante : commerçants, ouvriers, employés, cadres, artistes, universitaires, chômeurs, réfugiés, sans-papiers, etc. Il y a peu de ségrégation sociale même si certaines parties des quartiers sont plus paupérisés que d’autres, certains plus mixtes que d’autres, etc. Nombreux sont les célibataires et les étudiants en particulier.
Les espaces : à l’intérieur de ce ‘territoire’ peu d’espaces publics physiques sont valorisés (pas de places, ou peu), pression automobile, grande densité de population, etc. Cependant, au centre de ce dispositif, un axe médian va jouer un rôle de lus en plus grand. C’est l’axe de la rue Malibran qui fort probablement est voué à devenir un espace public en soi. Le développement : politiquement les autorités communales se sont prononcées pour faire de leur mandature celui du ‘développement durable des quartiers’. Deux programmes de revitalisation des quartiers sont en cours sur les quartiers qui nous occupent. Les projets/actions que nous proposons visent à créer des synergies avec ces programmes en apportant une part innovatrice. Une forte société civile contribue à ce travail de développement.
Depuis huit ans, Parcours citoyen travaille au rapprochement des gens dans ces quartiers très multiculturels. Fondamentalement, l’idée est de poser les questions du « vivre ensemble » dans un contexte mondialisé où l’’urbain’ fait de sa complexité diversifiée est une donnée. Ce « vivre ensemble » pose sui generis les questions de rapport interculturel, inter-générationnel, inter-genre. Parcours citoyen approche ces questions par le biais du travail dans l’espace public en recourant à des dimensions tierces : art, création, outils techniques de médiation, médias, etc. Pour Parcours citoyen, une idée centrale est de travailler à l’abaissement du ‘seuil’ entre espace public et espace privé en renforçant l’idée d’une ‘mise en commun’ une ‘mutualisation’ des moyens et savoirs. Traditionnellement - et par choix stratégique - Parcours citoyen opère sur l’axe et autour de la rue Malibran (Grands banquets, Salons de rue, etc.) et dans les quartiers précisés plus haut.
Valorisation des ressources humaines du quartier Création d’espaces de participation des gens dans la définition de leur environnement Renforcement d’un espace public symbolique dans des quartiers de grande diversité culturelle. Création d’espaces de convivialité où les différents ‘publics’ se rencontrent. Renforcement et valorisation de développement d’action de développement durable en cours. Contribution au diagnostic général des quartier dans le cadre des programmes de revitalisation : forces, faiblesses, opportunités, menaces.
L’espace public physique - L’axe de la rue Malibran est un axe majeur symbolique de ce cœur du quartier. Les populations s’y croisent et rencontrent. Mais il n’y a pas de lieu réel de rencontre. Les maisons - Sur l’ensemble des quartiers précisés, il s’agit d’abaisser le seuil entre espace public et espace privé. Il s’agit aussi de travailler à la notion d’habiter (habiter son quartier, habiter sa maison) et celles d’hospitalité (accueil de l’autre, de la diversité, de l’inconnu) Les réseaux - Par le recours à l’innovation technologique il s’agit de favoriser le travail de relation en y intégrant toutes les personnes de toutes générations, de toutes cultures.
Action 1 - Sur la dimension : espace public physique : la Fête de la rue Malibran sur le thème "quel avenir pour la rue Malibran ?"
Traditionnellement, Parcours citoyen organise ‘Le grand Banquet de la gastronomie mondiale du quartier Malibran’. L’idée ici serait de proposer une fête de ce type mais ‘peut-être’ en changeant la formule dans une perspective plus créative encore. Un concept est en cours d’élaboration (Mille tapis pour la rue Malibran, l’Appel du vide ? autres). A travers cette fête, ce qui serait mis en débat c’est le devenir de cet axe symbolique qui est appelé à devenir l’un des plus importants de la commune. La thématique de la fête serait dès lors : Quel devenir pour la rue Malibran et les quartiers environnants ? L’espace de la fête et de la convivialité devient un espace de débat sur les enjeux de la vie collective. Pour organiser ce débat, à l’intérieur de l’espace de la fête, on peut imaginer une exposition des oeuvres des étudiants de l’académie des Beaux arts de Bruxelles qui font un travail de fin d’études sur l’aménagement de la rue Malibran. Ces travaux d’étudiants sont donc un prétexte à l’élaboration d’une réflexion collective sous forme d’Agora. L’ensemble de la population, avec toute sa diversité, sera amenée à s’exprimer. A cette occasion également, sera remis le Livre géant de la Paix élaboré par les habitants des quartiers (tous âges, toutes cultures, etc.). Ce livre recueille une série d’Affiches au format A0 réalisées par des habitants des quartiers (artistes ou non).
> Partenariats (potentiels) : le Comité Flagey, le Comité Brasserie, l’asbl Vide technique, moving city, le Contrat de quartier Malibran, la Commune d’Ixelles, l’académie des Beaux arts de Bruxelles, vie féminine, dynamo, SOS Jeunes - quartier libre, etc.
Echéance : septembre 2005
Action 2 - Sur la dimension ‘maison’ : le Festival des gens sur le thème Habiter
La naissance de Parcours citoyen s’est organisée sur la base d’un tel ‘festival’. L’idée centrale est de renforcer symboliquement la mise en relation des personnes à partir des espaces privés. Il s’agit de travailler à une sorte de ‘mise en commun’, par une sorte de cadastre dynamique et vivant des ressources du quartier. En pratique, des habitants ouvrent leur maison, leur atelier, leur garage, ou tout autre espace de leur choix pour y inviter la ‘population’ à participer à des activités qu’ils auront élaborées avec des médiateurs sociaux. Le tout forme un programme où les habitants se déplacent de ‘maison ouverte’ en ‘maison ouverte’ à la rencontre de leurs voisins. Là, par exemple, il s’agit de déguster une recette de cuisine, là il s’agit de découvrir les photos de voyage de telle ou telle personne, là encore, il s’agit de s’intéresser à une architecture particulière, etc. Dans ce cadastre dynamique il sera spécifiquement fait mention de la mise en valeur des savoir spécifiques de chacun et donc des échanges entre les générations et entre les cultures.
> Partenariats (potentiels) : réseau ‘Mon quartier en noir et blanc’, l’asbl Viaduc, contrat de quartier Malibran, la Commune d’Ixelles, Habitat et rénovation, Question Santé, etc.
Échéance : décembre ou mars 2006
Action 3 - Sur la dimension réseau/recours à l’innovation technologique : l’E-toile de quartier en chantier.
Parcours citoyen depuis quelques temps s’associe au projet de RéseauCitoyen qui est un réseau intranet où chacun contribue à son existence par la mise en commun d’une part de l’outil de routage de l’information... Il s’agit ici, à partir du développement de la technologie wi-fi citoyen (réseau sans fil de communication informatique entre les personnes ou tous les nœuds sont égaux) d’expérimenter la puissance de mise en relation réelle à partir de cet outil. Nous fondons l’hypothèse qu’accompagné d’une médiation sociale, cet ‘outil’ réseautique intranet de quartier peut former un véritable liant social et outil de participation des habitants à la vie de leur quartier. L’idée, ici, serait de travailler au développement de cette E-toile de quartier en chantier en projetant d’évaluer son développement en terme de relations inter-culturelles et inter-générationnelles et de s’assurer d’une participation équivalente de femmes et d’hommes. Nous fondons l’espoir que cet outil peut contribuer à renforcer les rencontres entre les personnes, favorisant les solidarités multiples.
> Partenariats (potentiels) : RéseauCitoyen, Bombolong, Cassiopea, la Commune d’Ixelles et d’une manière générale, le mouvement associatif ixellois, l’Institut supérieur d’architecture La Cambre, la Fête de l’Internet, le CPAS d’Ixelles, etc.
Échéance : mars 2006, nouvel Etat des lieux du développement d’E-toile, bilan
La recherche portera, pour les trois actions proposées, sur la capacité à mobiliser la diversité des publics et à se rencontrer autour des projets en suivant dans chacun des cas les questions qui portent sur l’intergénérationnel, l’interculturel et le rapport entre les sexes.
Sur la première dimension, l’accent sera mis sur la mise en valeur des ressources culturelles diversifiées pour travailler à la définition d’un espace de vie commun, public. La question étant : le fait d’élaborer participativement à un espace public favorise-t-il le travail de rencontre entre cultures.
Sur le deuxième dimension, il sera plutôt question d’évaluer la mise en valeur des compétences t savoire individuels et leurs rencontres : entre générations, entre personnes d’origines diverses.
La troisième dimension reprend les mêmes termes de recherche que la seconde mais en y associant une réflexion sur la place des femmes dans l’appropriation des nouvelles technologies de l’information.