La réalité n’est que l’un des possibles Ilia Prigogine
Le problème des sans-papiers est récurrent et ne se joue pas, loin s’en faut, que dans les rues de nos quartiers. Une vague de régularisation se termine qu’une autre déjà s’impose. La question des sans-papiers est partout présente, dans le monde, aux portes de l’Europe, sur les chantiers de nos villes, dans le travail au noir, sous les toits où se marchande le sommeil, etc.
« Ces gens qui font l’avant-garde des peuples » est une Table ronde dont l’objectif est une « mise en perspective » de la question qu’ouvre les Sans-papiers, les illégaux, les clandestins. Comme souvent dans l’action, on reste collé à la réalité, on ne prend pas le temps de la distance et l’on tend à répondre au coup par coup. La figure du sans-papiers est une figure symptomatique, elle est un point critique qui dit quelque chose sur notre monde et ses limites. Cela parle de frontières, de flux migratoires, de mondialisation, d’inégalités. Autant de questions Sociales, Politiques, Économiques.
Lors de notre Table ronde, nous tenterons de valider l’hypothèce qui énonce que la problématique des sans-papiers a à voir avec une forme contemporaine de la ’question sociale’ en mettant en rapport le travail de Robert Castel, qui a écrit une histoire de la question sociale. Selon cet auteur, au XIVème Siècle, le vagabond était l’avant garde du prolétariat. Il fuyait les guerres entre Seigneurs, les maladies, la pauvreté des campagnes, recherchait le salut et la liberté dans la ville. Ayant perdu ses liens sociaux, il était capté par une ’proto-industrie’ bourgeoise et citadine. Dans l’entre-deux, il errait sur les chemins, se terrait dans les bois et forêts. Sur le chemin, il pouvait être aussi brigand, vivant de la rapine, ou du crime. Alors, il était enfermé, criminalisé, requis pour des travaux divers par les Seigneurs qui le souhaitaient. Ce faisant, le féodalisme se sentant menacé, sans doute, figeaient l’Histoire en marche. Hors normes, le vagabond était impensable.
Ce dernier ne se savait pas plus l’avant-garde du prolétariat, bien sûr. Mais on le sait, aujourd’hui, l’histoire de la question sociale a débouché sur la constitution de l’Etat-social qui a partie liée - en Europe - avec l’histoire de l’Etat-nation. Mais aujourd’hui, la question sociale nous taraude encore. Avec les Sans-papiers, elle a pris une dimension mondialisée, même si elle se découvre au détour du local. Si notre hypothèse est juste, dès lors, il faut en prendre acte. Le sans-papiers pourrait être l’avant garde d’un peuple ’à venir’. La question dès lors nous est posée et ne peut être étouffée par la criminalisation des Sans-papiers. A partir de là, il nous revient à tous de réfléchir aux solutions, avec cette difficulté : l’Etat-nation, autrefois réponse à la question sociale serait aujourd’hui ce qui empêche de trouver des solutions.
Déroulement Il s’agira de discutera à « bâtons rompus » après une courte préentation en demendant à diverses personnalités de réagir à cette hypothèse. Puis à tout àun chacun. Il n’y a pas de décisions à prendre. Il n’y a pas d’obligation de résultat. Mais si des idées surgissent, des projets, etc., c’est très bien
Quelles sont les personnes invitées et ont accepté notre appel ? Académiques : Andrea Rea (VUB), Dieter Lesage (KUL)... Syndicalistes : Paul Palsterman CSC - Philippe Van Muylder, FGTB, syndicats flamands ONG - associations : Frédérique Mawet, CIRE Autres : Lise Thiry,... les Voisins, les Sans-papiers...