Après une année sabbatique, Parcours citoyen accompagné de moving city propose de relancer un projet d’animation d’envergure dans le quartier Malibran et alentours cette année, en septembre. Depuis, Parcours citoyen a obtenu l’appui d’un emploi dans le cadre d’un programme européen.
CE TEXTE EST PROVISOIRE - IL EST SUSCEPTIBLE DE MODIFICATIONS
Il s’agit en gros de créer un événement multiple (sur plusieurs jours) avec en point d’orgue, la fermeture de la rue à la circulation automobile - et donc de l’ouvrir à tant d’autres choses - sur la plus grande longueur possible, à l’instar de ce qui avait été fait pour les Grands banquets afin que chacun se l’approprie. La rue Malibran est l’axe symbolique de ce quartier à la diversité culturelle et à la mixité sociale si appréciées. L’investir, c’est investir le quartier, c’est investir l’idée de ville. Chacun y ‘cherchera sa place’ (et la trouvera ?), qu’il soit jeune, moins jeune, nouvellement ou anciennement installé, quelle que soit son identité culturelle, etc.
> Intéresser les habitants au devenir de leur quartier en favorisant une attitude d’urbanité et de citoyenneté (respect de la diversité culturelle, amplification des échanges, ouverture au monde).
> S’appuyer sur la dynamique du Contrat de quartier et soutenir son ‘amplification populaire’ pour une mise en mouvement des personnes sur des questions qui ont trait à leur environnement urbain, social, culturel, économique... politique.
> Valoriser la rue Malibran en amplifiant encore son rôle symbolique d’espace de rencontre dans un quartier de haute diversité culturelle et de grande mixité sociale.
> Utiliser l’architecture comme moment structurant le devenir pour soutenir la participation des habitants à la chose publique.
> Créer et inventer un espace de convivialité, de rencontre et de dialogue en investissant l’espace public physique de la rue dans une recherche de mise en scène de l’Agora.
> Créer des conditions d’ouverture des imaginaires en travaillant à partir d’un regard artistique qui ouvre portes et horizons, et ce de manière la plus participative possible par une mise en réseau.
> Rechercher des méthodes, techniques et idées qui favorisent le droit de chacun à définir son environnement en tentant d’établir une ‘égalité’ d’accès à l’expression (au débat) malgré (ou grâce à) la diversité des formes d’expression justement.
> La dimension architecturale : structurant le devenir
L’idée, cette année, est de ‘profiter ‘ des aspects architecturaux et urbanistiques (entre autres) du Contrat de quartier pour renforcer encore une dynamique participative, en la ‘mettant en scène’, en la rendant démonstrative, en donnant envie aux habitants de s’intéresser à leur environnement. Il s’agit de faire de la rue (et de ses environs) une Agora afin de proposer aux habitants qu’on y cause du quartier, de ce qui le constitue, de ce qu’il doit devenir, qu’on y parle du monde aussi.
C’est sur cette base structurante, entre autres (le programme du CQ et les groupes de travail) que nous proposons que s’appuie le projet, que s’écrive la trame de son scénario. D’autres éléments que ceux liés au contrat de quartier pourront se joindre à cette dynamique. La rue est ouverte à toutes les questions...
> La dimension artistique : ouvrant les imaginaires
En appui de cette proposition, l’idée est de traiter la rue et ses animations lors de cette période comme une œuvre d’art en la concevant dans sa globalité. C’est la scène qui doit pouvoir recevoir un traitement approprié, pour lui donner cette signification de scène, justement. Ce traitement ‘artistique’ se fonde sur l’idée que quelques transformations (symboliques somme toute) devraient nous permettre de jeter un regard neuf sur la rue, sur l’espace, afin de permettre de l’investir autrement avec son imaginaire. Il s’agira également d’accompagner ‘artistiquement’ certains des moments ‘structurant’ ou d’animation’. La participation des habitants sera requise en la matière.
> La dimension animation : créant les conditions de la convivialité
Mais le débat ne sera possible que s’il est inscrit dans un espace de convivialité. C’est ce que proposait le Banquet. Ce dernier n’étant pas retenu, d’autres formules de convivialité devront dès lors prendre place. Il devrait y avoir le boire, le manger, les salons, les jeux (enfants, notamment), la musique, la danse (?), et bien d’autres choses encore : la fête. Ces espaces de convivialité qui démontrent l’envie de vivre ensemble créent un contexte où le débat, la rencontre, le dialogue sont possibles et donc signifient que le conflit doit pouvoir trouver une issue car la paix est toujours un devenir possible. Ces animations sont également proposées par les associations, les habitants du quartier.
> La dimension de recherche : travaillant à une égalité d’accès à l’expression
Enfin, il y a la recherche. Un regard spécifique sera porté sur les enjeux liés aux différentes formes de diversité : le rapport entre cultures, entre générations, entre hommes et femmes. Peut-on tous, également, entrer en scène, s’exprimer ? Qu’est-ce qui fera que chacun se sentira le droit de définir son environnement ? C’est là sans doute le centre de la réflexion de cette recherche. Il faudra se poser diverses questions comme par exemple : quel langage utiliser ? Le dessin, l’expression corporelle, la parole ? Quelle langue dès lors ? Le français, le néerlandais ? L’anglais, l’arabe, l’espagnol ? A coup sûr, une diversité de formes de langages devront être utilisés. Il devra être mis en œuvre par une multitude d’acteurs.
A l’heure de l’écriture de ce dossier, il n’est pas possible de décrire de manière exhaustive l’ensemble de la programmation du projet et ce d’autant plus que celle-ci doit se construire sur la base d’un processus évolutif et ... participatif. Cependant divers éléments tenables de programmation émergent déjà et semblent former les éléments d’appui.
L’axe de la grande table du banquet aura disparu. La rue sera habitée tout autrement. Des territoires de projets, mouvants, vont travailler l’espace afin que chacun y trouve sa place. La rue devient un appartement.
Nous n’avons pas scindé ici les éléments de programme dans les 4 axes. Il suffit de savoir que ces quatre dimensions de travail traversent l’ensemble du projet. Le scénario global est encore à faire, sachant qu’il doit intégrer une forme de progression des activités où éléments artistiques, architecturaux, de convivialité de débat, etc. se mêlent harmonieusement et où l’ouverture de la rue Malibran est le point d’orgue.
Place au vide - Parcours citoyen n’a pas vocation à animer seul la rue. Le banquet s’imposant avec force était devenu très (trop) rapidement une institution, une sorte d’évidence. Il en est de même de la braderie, tellement plus ancienne encore. Et l’on en oublie que ce sont des habitants, des voisins qui spontanément, citoyennement mettent en route ces projets. L’idée dès lors est de susciter une sorte de vide. Tout n’est pas donné : qui ou comment se remplira-t-il ? Si on fait place au vide, par contre on ne fait pas table rase. L’évocation de événements passés se fera en dressant comme un Inventaire du matériel utilisé lors des derniers banquets ou de la braderie. Réutilisables d’ailleurs en modifiant sa fonction.
> Tables et chaises - amenées en nombre, comme pour le banquet, elles seront à disposition pour tout type d’appropriation : pique-nique, scène, cabane que groupes ou collectifs voudront mettre en place. Disposition conviviale, détournée par des artistes. ex : disposition ’en causeuses’ de rubans de chaises, etc.
> Rubans en longueur - la table du banquet disparaissant, il s’agit de signifier autrement l’axe longitudinal reliant choses et gens de la rue. Des rubans de chantier seront disposés dans le sens de la longueur de la rue. Il forment eux-mêmes un lien vers les éléments du passé (la Toile de quartier), mais forment également un lien symbolique entre les différents éléments mis en place dans l’espace.
> Portraits des cuisiniers - 30 portraits, forment un rappel de cuisines de la gastronomie mondiale du quartier Malibran.
> Grand livre des A0 - cette fois, il sera terminé et remis officiellement aux autorités communales.
Les disparitions - il s’agit de se mettre en situation de penser le devenir de la rue et du quartier en symbolisant la ‘page blanche’. Ce qui n’est jamais totalement vrai évidemment. Quelques éléments disparaissent (symboliquement s’entend) afin de laisser un espace libre à l’imaginaire. La rue peut se repenser. Comme il ne peut-être question de faire disparaître le bâti, quelques éléments seulement seront voilés, en signe de disparition : les arbres, le mobilier urbain, des voitures (peut-être).
> Emballage des arbres et du mobilier urbain - cet emballage pourra se faire de manière séquentielle - un jour, un arbre, un autre jour un autre arbre, à la fin le mobilier urbain et la signalétique. L’idée est de faire cela avec une toile fine et blanche (genre tulle).
> Enlèvement des voitures - il s’agit de mettre en scène l’’enlèvement’ - c’est-à-dire le départ - des voitures par l’accompagnement d’un clown renommé du quartier. Il surlignera ce départ (remerciements qui laissent la place à la fête.
Ag-(Aura) (nom encore provisoire) - entre espace privé et espace public il y a un lien. Les habitants de la rue (ceux qui le veulent) affichent un signe représentant l’identité intérieure de leur ‘habiter’. Ces éléments apportent aussi la verticalité encore manquante à l’habillage de la rue.
Des gens accrochent leurs tapis, des objets divers de leur choix à leur façade. Un système d’accrochage permettant la reconnaissance... Ces objets qui se donnent le droit de s’afficher sur les façades symbolisent la diversité. Il s’agit de notre patrimoine commun. Ils signifient aussi que le don est possible. Mais voilés, comme les arbres, ils signifient aussi qu’ils ne s’imposent pas dans l’espace public. Ils sont utilisables.
Le devenir de nos quartiers - après les disparitions, le temps est venu de penser le devenir de la rue, du quartier, etc. Comment envisager son quartier et ses alentours. La base structurante en revient au contrat de quartier Malibran. Mais pas seulement. Cette programmation spécifique est encore à construire avec précision.
Atelier de mobilier urbain, ateliers du faire - il s’agit de proposer in situ la création de mobilier - atelier d’initiation aux techniques bois-béton-plâtre-dessin, etc. Ateliers de savoir-faire. Les habitants sont conviés à s’exercer dans diverses techniques en imaginant le mobilier urbain de manière ludique.
Dessine moi une rue, un quartier - des ateliers participatifs sont proposés afin de travailler à l’imaginaire urbain des habitants en situation réelle. Ils voient leur rue. Ils peuvent la penser. Ces aspects non encore ‘travaillés’ de manière précise doivent faire l’objet d’une réflexion appuyée. Peut-être pourra-t-on même placer un atelier informatique...
Le réaménagement de la rue Malibran et la ‘revitalisation’ du quartier - ateliers participatifs encore à envisager dans le cadre du Contrat de quartier notamment. On peut imaginer de nombreuses formules. Par exemple : une Assemblée générale du contrat de quartier se fait sur le macadam de la rue, des groupes de travail se réunissent ou présentent leurs travaux et s’ouvrent à de nouveaux publics. On peut penser aux divers groupes de travail, par exemple. Des promenades et des visites sont réalisées à partir de la rue Malibran pour aller vers les îlots Digue/Cygne, les Jardins rue Gray, etc. Un télé-journal de quartier pourrait prendre place durant cette période
Le projet patrimoine pour les générations futures - il s’annonce.
Présentation de maquettes d’étudiants - des étudiants de l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles ont mené des travaux sur la rue Malibran et alentours. Une exposition de ces travaux est possible durant la période dans un lieu proche (Marni, autre)
Réaménagement de la place Flagey - c’est une hypothèse. Mais on peut parfaitement imaginer que durant cette période considérée le lauréat ait à présenter ses premières propositions...
Débats divers - la période sera également propice à la mise en place de divers débats et moments de rencontre : ‘le Siècle de la ville’, ‘Quels signes dans l’espace public’, ‘Où en est la participation’, etc.
La semaine de la mobilité - l’événement prendrait place dans la période entourant cette semaine. L’ouverture de la rue Malibran se ferait sans doute le dimanche sans voiture. Divers projets sont d’ores et déjà introduits dans le cadre de l’Appel à projets mobilité d’Inter-environnement Bruxelles.
L’E-toile de quartier en chantier - il s’agit de mettre en valeur l’idée d’E-Toile (réseau wi-fi citoyen), qui fera l’objet d’autres développements par ailleurs.
> Le lien visuel - une bande visuelle peinte entre les nodes de l’e-toile, illustre la constellation qui se développe dans le quartier.
> Le Mesh-wi - évoque la rencontre intercommunautaire... Des ordinateurs sont reliés entre eux et permettent un passage d’information. L’expérimentation se fait in situ. Cet échange est rendu visible en temps réel par la mise en place de moniteurs dans les vitrines de magasins de la rue ou du voisinage.
Le retour des Commères de l’info - les commères de quartier avaient fait fureur lors d’’Invitation 19’ en septembre 2004, rue de la Brasserie. Elles annoncent les programmes, elles commentent les faits et gestes. Elle gesticulent de balcon à balcon. Elles commèrent parfaitement. Elles sont habitantes du quartier ou de la rue.
Les animations de rue - ces animations sont encore à prévoir.
Le boire et le manger - le principe est que la partie nourriture et boissons doit être auto-porteuse. C’est-à-dire que cela ne fasse pas pressions sur le budget global.
Autres animations - il s’agit essentiellement de musique. L’Orchestra di piazza Flagey ?
L’ensemble de ce projet est ambitieux, certes. Mais de nombreuses énergies sont présentes. La condition de sa réussite réside dans le fait de ‘phaser’ et de rendre cohérent la multiplicité des acteurs. Les enjeux du Contrat de quartier devraient autoriser ou faciliter ce phasage. Il ne s’agit pas d’un projet de Parcours citoyen, mais bien d’une hypothèse de projet ’participatif’...