Les sites voisins

Editorial Acte 2

Un peu d'air dans la campagne

Il n’est pas habituel,‭ ‬en pleine campagne électorale,‭ ‬que des habitants prennent à ce point la parole et,‭ ‬surtout,‭ ‬posent des actes aussi visibles.‭ ‬Les vitrines,‭ ‬les murs,‭ ‬sont tellement pleins d’affiches représentants les visages de ceux qui veulent nous représenter que la place est comptée,‭ ‬l’espace est limité.‭ ‬L’idée n’est pas de prendre la place de ceux-là,‭ ‬mais d’assurer une présence citoyenne.‭ ‬C’est-à-dire une présence qui propose la rencontre.‭ ‬Car on ne va pas seulement élire des visages.‭ ‬Ce serait malheureux que l’on fasse notre choix uniquement à partir d’une photo.‭ ‬C’est comme ceux qui se marient sur Internet.‭ ‬Il faut choisir des gens que l’on connaît un peu,‭ ‬tout de même‭ ! ‬Ce que le Festival Habiter tente de créer avec cette respiration qui s’insinue entre tous ces visages en campagne,‭ ‬c’est un espace de dialogue.‭

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Tournez la page cher lecteur et entrez dans le programme.‭ ‬Vous verrez que toutes les propositions sont faites par des personnes bien concrètes et réelles.‭ ‬Pour la plupart,‭ ‬ce sont vos voisins.‭ ‬Ils en ont passé des soirées à discuter,‭ ‬se rencontrer,‭ ‬débattre‭ ! ‬Ils le font bénévolement.‭ ‬Ils montrent donc que quelque chose est possible‭ ; ‬qu’ils peuvent agir pour refuser,‭ ‬parfois,‭ ‬mais aussi pour proposer,‭ ‬améliorer,‭ ‬créer,‭ ‬inventer.‭ ‬Ils montrent encore qu’il y a là quelque chose de passionnant et que cela vaut la peine de prendre du temps pour élaborer des tas de projets riches.‭ ‬Point besoin d’être un spécialiste pour s’y mettre.

Prendre l’habitude de s’intéresser à son environnement et de le construire avec les autres n’est pas‭ ‬-‭ ‬pas encore‭ ‬-‭ ‬naturel.‭ ‬C’est culturel.‭ ‬Cela s’apprend.‭ ‬C’est aussi prendre des risques.‭ ‬C’est rechercher,‭ ‬s’informer,‭ ‬et nous le disions,‭ ‬dialoguer.‭ ‬Car on n’est pas seuls dans une ville et nous la lisons tous différemment.‭ ‬Il se peut qu’un peu de poésie soit utile à la politique.‭

Lisez avec attention ce programme.‭ ‬Il est une histoire en lui-même,‭ ‬un témoinage de ce qui habite nos quartiers.‭ ‬Les inondations‭ ‬-‭ ‬ce n’est pas encore une vieille histoire‭ ‬-,‭ ‬nous ont fait redécouvrir la géographie de notre vallée,‭ ‬l’importance de l’eau et qu’il y aurait une‭ ’‬zone eau‭’ ‬à investir.‭ ‬L’on sait que dans le réaménagement d’une place comme‭ ‬la place Flagey,‭ "‬tout ne se joue pas dans la pierre‭"‬,‭ ‬comme le dit un architecte.‭ ‬La place est à s’approprier.‭ ‬L’on perçoit qu’avec les Sans-papiers,‭ ‬il y aura des allers et des retours et que les berges du fleuve Sénégal pourraient s’étendre jusqu’à la vallée du Maelbeek.‭ ‬La rue Malibran s’amuse à devenir galerie d’art‭ ‬ :‭ ‬il y a là une exposition qui a trouvé sa place à vernir.‭ ‬Et que dire du fameux patrimoine qu’il y a à transmettre aux générations futures si ce n’est que la Brasserie est à fêter.‭

Ce qui habite le quartier aussi,‭ ‬c’est que nous ne sommes pas certains de savoir qui va encore pouvoir y habiter.‭ ‬Combien sont ceux qui doivent quitter cet endroit auxquels ils sont attachés‭ ? ‬C’est étrange,‭ ‬tout de même,‭ ‬que ce qui est au coeur de la question de l’Habiter‭ ‬-‭ ‬se loger‭ ‬-‭ ‬est peut-être ce sur quoi l’on a le moins de prise.‭ ‬Soumis à la spéculation,‭ ‬c’est le marché qui dépasse largement notre quartier qui dicte sa loi et qui risque de tuer la diversité sociale et culturelle qui fait justement sa qualité et son attraction.‭ ’‬Le quartier n’est pas à vendre‭’ ‬aurions-nous envie d’afficher.‭ ‬Le logement est à débattre.

Voilà,‭ ‬c’est un peu de tout cela que veut parler le Festival Habiter.‭ ‬Ce sont là des éléments d’un projet pour ce quartier et‭ ‬-‭ ‬pourquoi pas‭ ? ‬-‭ ‬pour Ixelles que nous voulons discuter avec vous.

Le Festival Habiter