La figure du sans-papiers est probablement une figure centrale pour penser le politique aujourd’hui. Ce ‘désaffilié’ semble poser la question sociale d’une nouvelle manière : mondialisée et localisée.
Entre victime d’un système et illégal méritant l’expulsion, cette figure convoque plutôt un imaginaire sombre, fait de camps, de rétention, de fils de fers barbelés, de coussins étouffeurs, de mafias, de marchands de sommeil, d’effroi et d’oubli. C’est que cette figure semble tout bonnement impensable et ce n’est pas sans dangers.
Certes, des collectifs tentent de rendre présent le sans-papier dans l’espace public. Refus d’une forme de fascisation, refus de cet imaginaire sombre, solidarité avec des hommes et des femmes. Mais parfois aussi instrumentalisation à des fins d’idéologies englobantes et donc, simplifications.
La proposition que soumet Parcours citoyen est de tenter, entre humanitaire et devenir politique, de contribuer à rendre pensable cette figure. S’il s’agit d’une question fondamentale de philosophie politique, il s’agit tout autant d’une question culturelle d’appropriation.
D’où l’idée de proposer un ‘parcours’ poétique et philosophique dans l’espace de la ville de Bruxelles rendant sa complexité à cette question.